Couverture du Double visage de Karl Roos
Roman criminel

Viviane Janouin-Benanti

Le double visage du Dr Karl Roos

Guerre de l’ombre en Alsace-Lorraine

Et si la guerre avait commencé avant les canons ?

Dans l’entre-deux-guerres, en Alsace-Lorraine, ancien territoire allemand, les autonomistes se multiplient. Hitler charge Robert Ernst de les recruter pour servir l’Allemagne. Il les finance. Très intelligent, plus rusé et manipulateur que personne, l’autonomiste Karl Roos, devenu national-socialiste, sera l’arme secrète du IIIe Reich.

Dès la montée du nazisme, les juifs alsaciens se défendent avec ardeur. La Hatikva « L’espoir » veut en découdre. Très tôt conscient du danger de Mein Kampf, l’éminent Dr Joseph Weill structure une résistance juive opérationnelle.

En 1933, à l’arrivée au pouvoir d’Hitler, les réfugiés affluent en France, Lazare Blum et la communauté juive de Strasbourg organisent leur accueil. Des réunions se tiennent pour réfléchir sur Mein Kampf et Bagatelles pour un massacre de Céline.

Le Dr Joseph Weill met en place un puissant réseau de renseignements, en liaison avec les services secrets français ; incroyable contre-espionnage qui aboutit à l’arrestation des espions nazis. Strasbourg, Colmar, Besançon, Nancy, les procès se succèdent. Finalement, la justice triomphera.

Dans son 15e livre, c’est avec beaucoup de talent que Viviane Janouin-Benanti nous conte cette aventure passionnante, peu connue.

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Quelques photos extraites du livre

Dr Karl Roos
Karl Roos
l'autonomiste
Karl Ross salut nazi
Karl Roos
le nazi
Place Karl Roos
Hommage nazi à Karl Roos
Place Karl Roos Strasbourg
Hommage nazi Karl Roos
Hommage nazi à Karl Roos
enterrement avec les honneurs
Hermann Bickler
Hermann Bickler
Alsacien, compagnon de route de Karl Roos
devint colonel de la SS
et chef du parti nazi à Strasbourg
Bickler & Ernst & Wagner
Hermann Bickler, Robert Ernst : colonel SS et maire de Strasbourg,
Robert Wagner, chef du parti nazi pour l'Alsace
rendent hommage à leur ami Karl Roos

Critiques

C'est toute cette période d'entre-deux-guerres qui est reconstituée, une période de troubles, de doutes, de guerre larvée durant laquelle les Alsaciens seront partagés entre deux systèmes, mais qui révélera des hommes nobles, ne cédant pas aux chants des sirènes nazies.

Un livre à lire afin de se faire une idée précise sur cette époque, mais aussi sur les erreurs gouvernementales, erreurs qui se reproduisent dans les domaines de l’intégration par exemple, mais dont on ne remarque les conséquences que bien plus tard, lorsque le mal est fait.

Paul Maugendre

Article complet à lire sur Les lectures de l'oncle Paul , le blog de Paul Maugendre.

Un roman choral, où l’ombre se partage entre policiers, militants et stratèges
L’une des forces du livre, c’est sa construction chorale. Viviane Janouin-Benanti ne suit pas seulement Roos : elle fait coexister plusieurs « théâtres » qui se répondent. D’un côté, Strasbourg et l’Alsace-Lorraine, avec les réseaux indépendantistes, les réunions dans des locaux discrets, les journaux, les appels à la grève, la pression sur la rue. De l’autre, l’Allemagne, où s’élaborent des stratégies patientes : comment « récupérer » des régions perdues, comment jouer des minorités, comment financer, orienter, radicaliser. Le lecteur circule ainsi entre le terrain et l’arrière-boutique.

Roos, l’orateur et le masque : quand la politique devient une scène
Le roman ne se contente pas de dire « il a manipulé » : il montre comment une salle, une foule, une pression sociale peuvent déformer la justice.
C’est là qu’on comprend le « double visage » : Roos sait effacer l’Allemagne du discours public, parler « des besoins de l’Alsace-Lorraine », éviter soigneusement certains mots, jusqu’à faire douter les jurés eux-mêmes du bien-fondé du procès. Cette mise en scène est une des réussites du livre : elle explique, sans l’excuser, comment un homme peut être à la fois admiré localement et utile à une puissance étrangère.

Le contrepoint moral : Joseph Weill et la lucidité face au nazisme
Un roman centré sur un collaborateur pourrait vite être étouffant. L’autrice évite cet écueil en introduisant des contrepoints lumineux, notamment autour du Dr Joseph Weill. On le voit d’abord comme un lecteur lucide de Mein Kampf, organisant des séances de commentaire et d’alerte sur la violence raciste qui s’y déploie. Plus tard, son rôle devient actif : autour de lui, une action d’infiltration permet de récupérer des archives compromettantes, où les noms de Roos et Robert Ernst reviennent sans cesse, avec des documents provenant du service dirigé par Ernst. Cette partie est fascinante parce qu’elle montre une résistance « avant la guerre », une résistance d’enquête, de collecte, de preuve.

Pourquoi le lire aujourd’hui ?
Parce qu’il raconte une époque où la démocratie peut vaciller sans fracas spectaculaire, par accumulations de petites lâchetés, de manipulations, de financements occultes, d’arguments identitaires. Parce qu’il montre comment un homme peut porter un discours de « défense locale » tout en servant une puissance étrangère, et comment le mensonge peut être suffisamment habile pour séduire des foules et désarmer la justice. Parce qu’il redonne aussi une place à ceux qui voient venir le danger et tentent d’agir, comme Joseph Weill et les réseaux de sauvetage.

Critique complète à lire sur Les Lecteurs du Port

Les autonomistes d’un pays ont toujours intéressé les pays étrangers voisins.
Le NSDAP, parti nazi, était fasciné par les autonomistes alsaciens-lorrains. Et pour cause, les nazis y avaient des admirateurs, d’autant plus que l’Allemagne avait occupé l’Alsace Lorraine pendant 48 ans !
Le trio badois, René César Ley, le Dr Henri Muth et le comte Rapp, puis Karl Roos, Robert Ernst et leurs amis dont Paul Schall, René Hauss, Marcel Stürmel… étaient tournés vers l’Allemagne. L’admiration de Karl Roos l’amènera à rejoindre les hitlériens. Quand les nazis occuperont l’Alsace, ils le porteront aux nues.
Dans l’entre-deux guerre, les réfugiés afflueront en Alsace. Beaucoup de Juifs fuyant le nazisme. Martin Buber en sera… Le Dr Joseph Weill organisera leur accueil et aussi la résistance contre le nazisme. Il occupera un rôle important.
La Hatikva, l’espoir organisation de jeunes résistants juifs, sera à la pointe de la lutte antinazie. Avec le Dr Joseph Weill, ils organiseront la résistance juive en Alsace. De nombreuses conférences pour débusquer Mein Kampf d’Hitler et Bagatelles pour un massacre de son admirateur Céline se tiendront à Strasbourg.
Dans le livre, Le double visage de Karl Roos, on va tantôt à Berlin, tantôt à Strasbourg, et on voit comment les liens se tissent entre les nazis, dont Joseph Goebbels, Karl Roos et Robert Ernst. Montée du nazisme au-delà du Rhin, montée du nazisme en deçà.

Présentation complète du livre sur le Blog 3E éditions, 30 septembre 2016.

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