Couverture de Ils sont venus pour nous
Romans historiques

Viviane Janouin-Benanti

Ils sont venus pour nous

Joseph Boczov et Olga Bancic, deux de l'Affiche rouge

Quand la propagande fabrique des « criminels »… et révèle des héros

Homme libre,
Souviens-toi de Joseph Boczov et Olga Bancic

Février 1944. L’Affiche Rouge, montrant les visages de 10 résistants, dont ceux de Missak Manouchian et de Joseph Boczov, est placardée par la Gestapo dans toute la France. Les résistants des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans, Main-d’œuvre immigrée) sont dénoncés comme l’armée du crime.

Joseph Boczov, de son vrai nom, Ferenz Wolf, ingénieur, commandait le 4e détachement des FTP-MOI chargé du déraillement des trains de la SS et de la Wehrmacht… Il sera fusillé au Mont Valérien le 21 février 1944, à 38 ans.

Olga Bancic, ouvrière, faisait du repérage et du transport d’armes pour les FTP-MOI. Déportée en Allemagne, elle sera décapitée par les nazis à Stuttgart le 10 mai 1944, à 32 ans. Maman, elle laissait une petite Dolorès de 5 ans.

Ils étaient venus à pied de Roumanie. Joseph pour aider les républicains espagnols contre Franco dans les Brigades internationales. Olga, pour fuir la répression et rejoindre la France, patrie des Droits de l’Homme. Issus de familles juives, tous les deux camarades d’Ana Pauker, ils croyaient que le communisme apporterait le bonheur en Roumanie.

De la Roumanie à la France, en passant par l’Espagne, la vie de Joseph Boczov et Olga Bancic est une véritable épopée. Viviane Janouin-Benanti nous la fait revivre dans ce roman palpitant.

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Quelques photos extraites du livre

Boczov Joseph
Joseph Boczov
Olga Bancic
Olga Bancic
Affiche rouge
L'affiche rouge
Carte de la Roumanie
Carte de la Roumanie en 1939
Bocsov Manouchian
Joseph Boczov
Missak Manouchian
Exécution Boczov
Exécution
de Boczov
Groupe Manouchian
Le groupe Manouchian
à la prison de Fresnes
Missak Manouchian
Missak Manouchian
Marcel_Rajman
Marcel Rajman
Wolf Wajsbrot
Wolf Wajsbrot
Celestino Alfonso
Celestino Alfonso
Thomas Elek
Thomas Elek
Maurice Fingercwajg
Maurice Fingercwajg
Spartaco Fontano
Spartaco Fontano
Szlomo Grzywacz
Szlomo Grsywacz
Robert Witchitz
Robert Witchitz

Critiques

Viviane Janouin-Benanti après avoir exploré les faits-divers criminels, […], se tourne depuis quelques ouvrages vers le roman-document historique, comme Le double visage du docteur Karl Roos.

Des ouvrages solidement documentés, qui explorent les parties peu connues de la Première ou Seconde Guerre mondiale, se révélant poignants, émouvants, tragiques, mettant en avant des figures politiques qui tendent à s’effacer peu à peu des mémoires mais qui ont joué un rôle primordial dans la lutte pour la Liberté.

Joseph Boczov et Olga Bancic font partie de ces figures de l’ombre qui luttèrent pour défendre non seulement leurs coreligionnaires, mais pensaient que leur combat ne serait pas vain. Ils étaient persuadés qu’en étant membres du parti communiste, ils œuvraient pour le bien de la Roumanie, oubliant que l’ostracisme, le ségrégationnisme, l’antisémitisme étaient trop ancrés dans les esprits et les mœurs pour être effacés du jour au lendemain.

Et l’on se rend compte aujourd’hui que l’antisémitisme, malgré les déclarations des hommes politiques, pèse de plus en plus dans la vie quotidienne et occasionne troubles et attentats meurtriers.

Paul Maugendre

Article complet à lire sur Les lectures de l'oncle Paul , le blog de Paul Maugendre.

Le cœur du livre bat autour de deux figures : Joseph Boczov et Olga Bancic, « deux de l’Affiche rouge » (sous-titre), que l’autrice arrache au rôle de silhouettes sur une affiche pour les rendre à leur épaisseur humaine. Mais le roman ne se contente pas d’une biographie héroïque : il commence plus loin, plus tôt, dans la matrice d’une haine. Dès les premières pages, l’ouvrage remonte à 1903, à la frontière roumaine, quand un fait divers devient prétexte au pogrom : la rumeur enfle, les Juifs sont accusés, et la violence s’organise comme un « plan » – l’autrice cite même un résumé attribué au New York Times pour donner la mesure de l’horreur.
Ce prologue a un rôle essentiel : il installe le fil rouge du livre – l’antisémitisme comme menace permanente, « banale » dans sa diffusion, meurtrière dans ses conséquences. Ce n’est pas un simple décor historique : c’est le carburant du récit.
Un roman de formation… dans la brutalité du siècle
L’un des grands mérites de Ils sont venus pour nous est d’expliquer comment on devient résistant – non pas en se réveillant un matin « héros », mais en se forgeant dans des humiliations répétées, des injustices et des choix impossibles.

Le roman est aussi précieux pour une raison plus large : il remet au centre un fait parfois mal digéré en France – l’importance des étrangers dans la Résistance. Ces hommes et ces femmes ne se battent pas « à côté » de l’histoire française : ils la font. Le procès, tel qu’il est rapporté, le dit explicitement : ils se présentent comme des soldats, fiers d’avoir servi la France.
En refermant le livre, on ne regarde plus l’Affiche rouge de la même manière : ce ne sont plus des visages « d’archive », ce sont des vies entières.

Critique complète à lire sur Les Lecteurs du Port

En Roumanie, après la Première Guerre mondiale
Avec la montée d’Hitler en Allemagne les pays voisins sont percutés de plein fouet, la Roumanie n’y échappe pas. Le pays est en plein essor économique pour se reconstruire après les ravages de la Première Guerre mondiale.
Dans le pays, c’est un roi qui dirige.
Deux grands courants politiques vont se côtoyer et s’affronter. [...]

Présentation complète du livre sur le Blog 3E éditions, 26 décembre 2016.

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