Couverture de Si ce sont des hommes...
Romans historiques

Serge Janouin-Benanti

Si ce sont des hommes…

Médecins de la mort au Struthof

Éthique, science et barbarie : quand la médecine trahit l’humanité

« Si ce sont des hommes, je suis la pire des ordures ! » L’examen de conscience du professeur de médecine August Hirt, provoqué par la peur d’être bientôt capturé par les troupes françaises, ne dura que quelques instants. Ses cobayes tziganes ne pouvaient pas être des hommes, on ne fait pas ça à des hommes…

Si les Juifs étaient des hommes, personne ne lui pardonnerait la constitution de sa précieuse collection de crânes. Il lui avait fallu procéder dans l’urgence, Heinrich Himmler lui avait confié que bientôt il n’y aurait plus un seul Juif vivant en Europe ! Il avait réagi en scientifique nazi, il avait sélectionné les sujets les plus représentatifs de la race, selon Mein Kampf, les avait mesurés sous toutes les coutures, les avait photographiés… avant de les gazer pour les réduire en squelettes.

Dans son 10e livre, Serge Janouin-Benanti nous entraîne au camp de concentration de Natzweiler-Struthof en Alsace. Non seulement il nous révèle les expériences d’August Hirt, mais aussi celles de deux autres éminents professeurs de la faculté de médecine de Strasbourg : le virologue et candidat au prix Nobel Eugen Haagen ainsi que le directeur de la policlinique, Otto Bickenbach.

Son récit bouleversant nous laisse sans voix. Il nous plonge dans l’abomination de la logique raciste. Un livre inoubliable.

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Quelques photos extraites du livre

Les assassins racistes

August Hirt tenue SS
August Hirt
capitaine SS
August Hirt
Pr August Hirt
Otto Bickenbach
Pr Otto Bickenbach
Haagen Eugen
Pr Eugen Haagen
Karl Brandt
Dr Karl Brandt
Bruno Beger ; Hitler
Bruno Beger
et Hitler
Josef Kramer
Joseph Kramer
Commandant du camp du Struthof
Wolfram Sievers
Wolfram Sievers
chef de l'Ahnenerbe
Bruno Beger, Heinrich Himmler
Bruno Beger
et Heinrich Himmler
Bruno Beger Tibet
Bruno Beger mesurant
le nez d'une Tibétaine
August Hirt table dissection
August Hirt posant
à sa table de dissection
Josef Mengele, Rudolf Hoess, Josef Kramer
Dr Joseph Mengele ; Rudolf Hoess, commandant d'Auschwitz ; Josef Kramer
Arrestation Kramer
Arrestation
de Josef Kramer
Procès Eugen Haagen
Procès de
Eugen Haagen

Les lieux

Chambre à gaz Struthof
Chambre à gaz utilisée par
Bickenbach et Hirt
Camp de Natzweiler-Struthof
Camp de Natzweiler-Struthof
vu du bas
Plan du camp de Natzweiler-Struthof
Plan du camp de
Natzweiler-Struthof
Lieux des crimes
Les lieux des crimes

Les victimes : juives, tziganes, slaves, asiatiques…

Jeannette Passmann
Jeannette Passmann
Franck Sachnowitz
Franck Sachnowitz
Alice Simon
Alice Simon
Elisabeth Klein
Elisabeth Klein
Brandel Grub
Brandel Grub
Maria Kempner
Maria Kempner
Maurice Francès
Maurice Fancès
Maria Sainderichin
Maria Sainderichin
Silvester Lampert
Silvester Lampert
Liste noms 1
Liste noms 2
Une partie de la liste des noms des victimes des médecins nazis du Struthof

Critiques

- Ce n’est pas risqué de tester un vaccin encore expérimental sur des êtres humains, même si ce sont des détenus ?
- Ce ne sont pas des détenus, seulement des Polonais. Et les Polonais ne sont pas des êtres humains, coupa le Dr Gräfe.

En ce mois d’avril 1943, le professeur Eugen Haagen est décidé à quitter la faculté de médecine de Strasbourg et à continuer ses recherches et ses expériences de virologie au camp de Natzweiler-Struthof. Déjà reconnu mondialement dès le début des années 1930 pour ses travaux sur les virus et la vaccination, après avoir obtenu un contrat à la fondation Rockefeller de New York, avoir été nobélisable pour ses recherches scientifiques, travaillé dans un Institut à Berlin, il veut poursuivre ses études sur le typhus puis d’autres maladies contagieuses et élaborer un vaccin, non plus à base de bacilles morts mais vivants. […]

Je ne saurais souligner l'importance de cet ouvrage, qui comporte un cahier iconographique, à une période où les valeurs d'humanisme se perdent, où les voix racistes et négationnistes se font entendre de plus en plus fortement.

Paul Maugendre

Article complet à lire sur Les lectures de l'oncle Paul , le blog de Paul Maugendre.

Le projet : révéler l’impensable… et le prouver
Dès les premières pages, Janouin-Benanti place son lecteur dans un double dispositif :
D’une part, le récit minutieux des faits : expériences sur des détenus, gazage à des fins d’étude anatomique, vols de corps, manipulations médicales.
D’autre part, l’enquête judiciaire et historique, telle qu’elle fut conduite après la guerre : les témoignages, les procès, les responsabilités partagées, les silences.
Ce double mouvement donne au livre une dimension quasi judiciaire : on lit à la fois un rapport d’enquête, une reconstitution judiciaire, et un drame humain. Et l’effet est saisissant.

Une écriture sobre, précise, au service de la vérité
Le style de l’auteur est à souligner. Il n’y a aucun effet de style gratuit, aucune tentation du sensationnalisme, aucun pathos facile. L’émotion vient de la rigueur même du récit.
Les chapitres sont courts, denses, bien structurés.
Les citations sont contextualisées.
Les descriptions du camp, des laboratoires, des procès, sont claires, visuelles, jamais complaisantes.
Le lecteur est guidé avec pédagogie, sans jamais être infantilisé.
Ce choix stylistique permet au livre de s’adresser à un très large public, qu’il soit averti ou non de l’histoire du nazisme ou des camps. On peut le lire comme un essai historique, un témoignage reconstitué, ou un acte d’accusation documenté.

Pourquoi il faut lire ce livre
Parce qu’il révèle un fait historique trop peu connu, qui s’est déroulé en France.
Parce qu’il montre comment des institutions respectées ont participé à l’horreur.
Parce qu’il rend justice aux victimes, dont on a volé jusqu’au nom.
Parce qu’il pose les bonnes questions : sur l’éthique, sur la responsabilité, sur la mémoire.
Parce que c’est un livre fort, juste, maîtrisé, et profondément humain, malgré le sujet.

Critique complète à lire sur Les Lecteurs du Port

Le Pr August Hirt et sa collection de crânes
Auprès du professeur émérite August Hirt, enseignant à l’Université de Strasbourg, les idées du Führer faisaient leur chemin. Hirt était capitaine dans la SS, c’était un ami d’Heinrich Himmler qu’il avait maintes fois rencontré. Hitler voulait la disparition des Juifs de la surface de la Terre, August Hirt approuvait. Comme disait le cher professeur, « Pour sauver un Allemand, je suis prêt à sacrifier un millier de sous-hommes ». Bien sûr, il applaudit les décisions de la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942, où les dignitaires nazis officialisèrent la solution finale : l’élimination de tous les Juifs présents sur le Grand Reich. Le professeur Hirt s’indignait de ne pas avoir de crânes juifs, dans son musée, alors que, disait-il, il regorgeait de crânes de singes, de sauvages des cinq continents, de nègres, d’Arabes, de Chinois, de Japonais… Aurait-il assez de temps pour en avoir ?… Le Reichsführer-SS lui avait parlé d’une capacité d’extermination d’un million et demi de personnes par an à Auschwitz. S’il y avait dix camps comme celui-là, en moins d’un an il était possible de faire disparaître tous les Juifs. Heinrich Himmler venait de lui laisser entendre que l’extermination industrielle était en place depuis près d’un an ; peut-être qu’il ne restait déjà plus que quelques Juifs ? Probablement aussi que les plus beaux spécimens étaient déjà réduits en cendres. Fort de tout cela, le Pr Hirt se dit qu’il devenait urgent de faire son marché.

Que s’est-il exactement passé au camp de Natzweiler-Struthof ? Quelles expérimentations ont été faites sur les prisonniers ? Quels ont été les résultats scientifiques obtenus ? Quelles furent les victimes ?…
Des noms pour se souvenir, tel est l’objet de « Si ce sont des hommes, médecins de la mort au Struthof » de Serge Janouin-Benanti, aux éditions 3E éditions.

Présentation complète du livre sur le Blog 3E éditions, 19 décembre 2016.

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